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L'action antifasciste est née en Allemagne, dans les années 1930. Elle est issue
des efforts du Parti Communiste d'Allemagne pour faire en sorte que la base du
Parti Socialiste agisse de manière militante contre le fascisme; en effet, la direction
du Parti Socialiste mettait communistes et nazis dos à dos, empêchant donc à ses militants
de s'unir ou s'allier avec les communistes pour affronter les 220.000 SA. |
| Les socialistes avaient leur propre organisation, "le front de fer", qui était interdite
aux communistes; son symbole était les "trois flèches", signifiant "unité, activité,
discipline", mais également le refus des communistes, des nazis et des conservateurs
monarchistes. |
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L'action antifasciste est donc un front de masse, un front d'union à la base, pour affronter
les nazis et leur terreur. L'appel à l'action antifasciste est publié dans le Drapeau Rouge, journal du
Parti Communiste, et le 10 juillet 1932 à Berlin a lieu le congrès de l'unité.
L'action antifasciste est en fait également issue de l'union de combat contre le
fascisme, elle-même issue de l'Union des Combattants du Front Rouge formée en 1924 et criminalisée
par l'Etat suite au premier mai 1929. |
L'action antifasciste était ici une organisation générée par le Parti Communiste,
mais fonctionnant de manière autonome; pour en faire partie il suffisait de participer
à la lutte antifasciste. Après la défaite de 1933, l'organisation fut écrasée après le
petit baroud d'honneur de la grève générale dans la petite ville de Mössingen le jour
même de la prise du pouvoir par Hitler, la
résistance s'organisant de manière clandestine autour du Parti Communiste et un nombre
important de membres s'engageant dans les Brigades Internationales pour combattre Franco.
L'action antifasciste fut recrée pour un court laps de temps juste après la défaite
de l'Allemagne nazie, principalement pour travailler en direction des soldats de l'armée
allemande revenant dans leur pays. |
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| Il faut attendre la fin des années 1980 pour que le terme d'action antifasciste
fasse sa réapparition. Au sein des "autonomes" l'anti-impérialisme cède en effet la place
à l'anti-fascisme en raison de la force grandissante de l'extrême-droite. Ce
processus amène la naissance en 1990 de l'Autonome Antifa [M] (Antifasciste autonome M,
M étant soit pour mecredi, soit pour marxiste, selon la légende).
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Reprenant le symbole aux
deux drapeaux mais y mettant un noir, symbole de l'unité entre anarchistes et communistes, différents
groupes s'organisent et forment en 1992 l'Action Antifasciste / Organisation au niveau fédéral, qui a
un énorme succès en Allemagne. Les deux principales organisations en étaient
l'Antifaschistische Aktion Berlin et l'Autonome Antifa [M].
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| Le mouvement donnant naissance à l'action antifasciste ne s'est pas concrétisé qu'en
Allemagne. Une action antifasciste est formée au Danemark en 1992 (après avoir déjà existé
dans les années 1950) et en Suède en 1993 et est
connue dans ces deux pays sous le nom de "AFA". Selon les groupes locaux, le drapeau
rouge ou le drapeau noir est mis en avant.
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A la différence toutefois des structures en Allemagne, qui
sont des organisations en tant que telles, les AFA sont des structures semi-informelles
et parallèles à d'autres structures de l'extrême-gauche, dont les activités sont ciblées
et marquées par la militance. |
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En Slovaquie, l'Antifasistická Akcia Bratislava (AAB) naît en 2001, tandis
qu'en Hollande l'Anti Fascistische Actie s'organise également dès 1992,
avec initialement un logo qui a été le seul à être légèrement différent des autres
actions antifascistes.
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Dans l'Etat espagnol, les très nombreux groupes reprenant le logo de l'action antifasciste
sont surtout des plate-formes antifascistes regroupant différentes
organisations ou associations d'extrême-gauche, surtout communistes et
dans l'esprit unitaire du combat républicain antifranquiste.
A l'opposé,
l'action antifasciste de Tchéquie fondée en 1996 est exclusivement
conçue comme une structure d'autodéfense anarchiste. |
| L'action antifasciste n'a donc été qu'en Allemagne une structure authentiquement
permanente, une organisation et non simplement une plate-forme plus ou moins informelle.
Pour cette raison, l'histoire des structures de l'action antifasciste en Allemagne
est plus mouvementée: l'Action Antifasciste / Organisation au niveau fédéral
disparaît en 2001, l'action antifasciste de Berlin et l'autonome antifa [M] en 2004.
Mais il existe encore énormément d'actions antifascistes, plus ou moins coordonnées,
ces structures étant le vecteur essentiel de l'extrême-gauche autonome.
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Le succès de l'action antifasciste de par l'Europe montre le besoin
pour des structures antifascistes unitaires surveillant les activités fascistes et
capables d'intervenir pour stopper leurs meetings, concerts, activités publiques, etc.
Mais il montre également qu'il n'y que là où les actions antifascistes n'ont pas
été qu'une structure de "défense" qu'elles ont su s'implanter et avoir un large
écho (Allemagne, Etat espagnol), et être plus que de simples structures temporaires ou momentanées (Suède,
Tchéquie).
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